Comme toute expérience polaire

Une invitation à l’intime universel

 

« Antarctic organic feminine » est un ensemble de neuf moulages en matériaux composites réalisés à partir de sculptures taille réelle en argile créées par Oïjha, peints au bleu de Prusse avec inclusions de feuilles d’or pur 24 carats, sur support cadre bois peint (Black 2.0), 22x22cm, destinés à un accrochage en 3x3, représentant un carré.

 

« Antarctic organic feminine » représente la sensorialité d’être humain féminin en milieu polaire, elle fait le lien entre le profane et le sacré, la chair et l’immatériel, le tangible et l’éternel. C’est une célébration du sensible dans l’instant polaire. Les sensations du corps physique et les émotions nous relient à ce que nous avons de plus précieux en nous et hors de nous. Il est question d’infini et d’extase dans la sensation d’être, au cœur de l’humain, lorsque dans l’obscurité du néant apparaît un cosmos féminin constellé d’étoiles, rendu visible par la seule conscience d’exister, un code secret, une combinaison unique du plaisir d'être et toujours renouvelée, le lien entre l’être et le non-être, la concentration extrême de cette conscience d’être humain et sa pulvérisation dans l’espace. Entre matière et énergie, mortalité et éternité, « Antarctic organic feminine » représente un point d’entrée, une porte, un accès. En cela, elle est l’écho des œuvres « Fontanelle » et « Antarctic consciousness ».

 

La symbolique est importante et rappelle le mythe de la création originelle dans le vide primordial Chaos mais aussi la forme carrée comme base de l’Univers avec ses quatre points cardinaux. L’usage du noir qui absorbe toute lumière donne son existence au bleu central, en écho avec la conscience d’être plutôt que le néant. Comme dans toutes les créations d’Oïjha, l’inclusion de feuilles d’or pur représente la lumière faite matière, l’existence de la conscience humaine dans l’infini de l’instant : c’est ici le lien, l’étincelle, la différence entre la vie et la mort et la mise en lumière de l’origine du monde. Ainsi présentées, à hauteur du spectateur, ces créations s’apparentent à des visages dont les lèvres silencieuses sont l’écho du chant originel de Maïa, personnalisation féminine du principe créateur. En écho à l’iconographie chrétienne, « Antarctic organic feminine » se place comme un hommage à la religion d’être, l’amour de la vie “per se”, la déité au cœur de l’humain.

 

Replacée dans notre quotidien, « Polar Adoration » interroge sur la rencontre intime entre la femme et l’homme et sur la façon dont le sensible est, par nature, transcendantal. En miroir, c’est une invitation faite à l’homme d’écrire sa propre carte sensible. D’un point de vue des droits fondamentaux, elle interpelle sur le caractère inhumain de la pratique d’excision en ce qu’elle prive la femme de ce lien de transcendance et, dans une autre mesure, sur la censure et les privations sensorielles d’ordre moral ou religieux faites aux femmes. « Antarctic organic feminine » est « ce qui est », la conscience de porter en soi-même sa propre divinité, son potentiel de réincarnation par l’enfantement, portes sacrées entre le stade de l’humain-poisson et l’humain-mammifère, une méditation avec et par le corps dans toutes les dimensions de sa sensorialité : vue, odorat, gout, ouïe et toucher. Paysage émotionnel, c’est le message selon lequel la transcendance vécue nous rend pleinement humain. Poésie organique sensible, «Antarctic organic feminine », comme toute expérience polaire, est une invitation à l’intime universel.

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