« Un jour, tu t’allongeras plus lourde que d’habitude, entre le cercle d’or, la mer, le ciel. Alors s’éloignera le rire joyeux des sternes et tu sombreras dans un sommeil profond. Plusieurs fois, tu t’endormiras dans ta colère. Plusieurs fois, tu t’endormiras dans ton chagrin. Dans tes rêves, ton kayak se retournera et tu sombreras encore. Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de lumière, que tu n’aies plus de voix, que le silence remplisse tes os. Tu sombreras jusqu’au vide de toi. Jusqu’à rencontrer l’animal qui ne dort jamais et qui te parlera. Alors seulement passera le grand goéland. Tu verras son ventre doré. Et quand tu te réveilleras, tu comprendras pourquoi tu es là et ce sera pour toi une grande joie ».

Galak. Alpha. Ouessant

Me recevez-vous ?

Solstices

POEMES EN TIMONERIE

Minilivres Poemes en Timonerie.JPG

Minuit. Grand jour. Grand vent.

Pieds nus sur les rochers.

Balanes dans ma chair. Crier ton nom. Revenir. Crier encore jusqu’à plus soif.

Désir minéral où remue l’antidote.

Alevin d’étoiles.

Jusqu’où les laminaires viendront-elles monter ?

Et ce soleil, qui me berce et me noie

Je vois passer les icebergs, bananiers de fureur et d’ivoire

Jusqu’à ta joue où je suspends un baiser rouge cerise

Amour

Sous la surface demeurent mille choses exquises

Caresses aux mains d’argent, mousses et lichens, tendresses d’oursins, oiseaux marins catapultés du ciel

Rougeoie encore, mon bel amour, ce sein que tu adores

Où filtre la lumière, je me balance, légère aux algues bleues

Sous les paupières, de l’or

 

Les mains sur le cadran de laiton

Accroche toi bien

Absinthe

Bientôt, tu ne te souviendras plus de ton nom

 

Dans ma bouche, l’oursin s’endort, repus de cirrus.

Où il va succombent les myriades en pluies métalliques, de failles en failles.

Il joue dans le rose. Tu sais bien qu’il fait noir.

Soleil en ecchymoses remontant la paroi de ma nuque.

Diadème.

 

Minuscule caresse qui te transperce

Jusqu’aux rochers

Amour

Renverse l’épitaphe

Pour célébrer toujours ce moment de clarté

Et d’ivresse

Glisse

Le filet te retiens et te berce

Succombe à moi

Rien ne troublera la déesse évanouie

Dans le chant limpide des guillemots-miroir

Ta peinture s’écaille

Viens, dormons ensemble

Ta joue contre mon bois

Entends

Le souvenir des hommes

Leur sueur, leurs rêves, leur mort

Résonner encore

Charpente marine

A l’assaut du vide

Endurer

Rien d’autre

Que la vie dans l’effort

Peurs exactitudes

Être tout

Être rien

Que craquements

Force

Fureur

Dans le gris infini

Pluies horizontales

Gouffres de soleils

Reverrais-je tes yeux ?

L’enfant n’a-t-il pas froid ?

Je ne souffre de rien sinon du manque de toi

Puis la vague s’abat

Courbe pleine

Aujourd’hui flancs morts

Comme j’aime tes os blanchis !

Raconte moi encore

A nulle autre pareille

A nulle autre pareille

Les lèvres gercées d’océan

Vert de gris

Stries d’argent

Ahurie

La chaîne se déroule, l’ancre

Blasphèmes du vent

Je tremble d’écume

Rouilles maillons, bras blancs

Rugissements

Échos jusqu’aux racines des dents

Racler le corps et l’âme

Tréfonds

Vigile où la croyance ne s’amarre plus à rien

Tenir

Tenir

Tenir

Demain il fera jour peut-être

Broder

Sur ma peau, les algues désirées

Jardins de lumières

Floraisons

Laminaires

Être la fiancée

L’ ancêtre aux rêves d’enfants

La femme unifiée

Où tu te tais je pose mon pied

Viens

Elles sont des milliers à m’accompagner

Horizons de vermeil

Beautés oubliées

Elles chantent, elles s’éveillent

Guérir la membrane d’amour

Tisser les liens de soie

La trame de velours

Du geste répété et pourtant toujours vierge

Réparer

Elles t’attendent en secret

Leurs lèvres disent ton nom

Par Orion

Elle ourle l’abrupte fourrure du ciel tel un chandail

Cette aile marine

Pommelée d’azur

Je suis l’entrelacs, la ligne, le point de rupture

Plongeon coupant les eaux

Éclaboussures

Je suis le battement et le souffle du vent entre les plumes

L’allure et le déchirement blanc

Ellipses solaires

Trajectoires inconnues

Je suis la direction, l’écriture muette

Idéogramme reflet en liquide miroir

Déploiement du silence

Aux Cieux

Oblique

Trace au rayon le relief blanc

Synthétique écume des vagues métalliques

Jusqu’au ressac fondu

Jusqu’à l’aussière vide

Amarrages en pluies

Je suis déjà loin

Oïjha 2018 - reproduction interdite - Tous droits réservés

 

Réalisé dans le cadre de la résidence d’artistes « Le Bateau-Givre »

effectuée sur Le Manguier.

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